En bref
Le blanc n’a pas de teinte dominante, mais le blanc d’un pot de peinture en a une, le sous-ton : gris, jaune, rose ou bleu. La lumière de la pièce décide, et les avis divergent sur la pièce peu éclairée : blanc très clair et frais pour l’un, blanc chaud ou rosé au nord pour les autres. Un essai sur le mur tranche.
La couleur du blanc, les familles de blancs, trois références RAL courantes, le désaccord sur la pièce sombre, l’essai sur le mur, puis la décision.
Un blanc sans teinte, des blancs avec un sous-ton
La couleur du blanc se définit comme un champ chromatique à forte luminosité, sans aucune teinte dominante. Son code couleur sur un écran est #FFFFFF. Sur un mur, il n’existe presque pas : les blancs vendus en pot tirent vers le gris, le jaune, le rose ou le bleu, et ce sous-ton, parfois invisible à l’écran, se voit une fois la peinture appliquée.
Un distributeur de peinture range les 24 blancs de son nuancier en cinq familles de blancs : neutre, chaud, rosé, crème et frais, des blancs chauds aux blancs frais. L’architecte d’intérieur Caroline Vitte, elle, les place par pièce.
| Nuance | Où l’architecte d’intérieur la place |
|---|---|
| Blanc pur | Pièces lumineuses ; déconseillé dans les espaces sombres et orientés au nord |
| Blanc neige | Pièces qui manquent de lumière naturelle, pour accroître la luminosité |
| Blanc de plomb | Chambre orientée au sud ; à éviter dans les pièces froides ou sombres |
| Blanc rosé | Pièces plus froides, pour les adoucir |
| Blanc jaune | Réservé aux pièces solaires |
| Blanc « optique » | Espace suffisamment lumineux |
Trois blancs RAL qu’on retrouve sur les murs et plafonds
Un nuancier de références RAL cite trois blancs courants pour les murs et les plafonds, dont la page décrit le 9016 comme frais et le 9001 comme jaunâtre.
- RAL 9016, blanc signalisation : un blanc clair, surtout populaire en construction neuve, à l’aspect léger et frais. Il peut paraître froid, faute de nuance jaune ou rouge, et convient bien à un mur d’accent.
- RAL 9010, blanc pur : un blanc cassé léger, le plus souvent appliqué sur les murs et plafonds. Il paraît différent selon l’heure : blanc radieux le matin, jaune le soir.
- RAL 9001, blanc crème : un blanc à l’aspect un peu jaunâtre, donc moins frais que les deux autres. Largement utilisé dans les maisons dans le passé, il recule sur les murs intérieurs.
Le « blanc pur » de ce nuancier est d’ailleurs décrit comme légèrement cassé : il n’est pas le blanc sans teinte dominante défini plus haut.
Pièce peu éclairée : les avis divergent
Pour une pièce qui reçoit peu de jour, le nuancier RAL recommande le plus clair et le plus frais des trois, le 9016. L’architecte d’intérieur déconseille au contraire le blanc pur dans les espaces sombres et orientés au nord, et le distributeur du nuancier conseille souvent un blanc chaud ou rosé pour une pièce exposée au nord, afin de compenser la lumière froide.
Notre lecture : le premier cherche à renvoyer le plus de lumière possible, les deux autres à corriger la couleur de cette lumière. Les deux raisonnements se tiennent, et ce désaccord, nous le disons plutôt que de trancher : c’est l’essai sur votre mur qui départage.
La lumière de la pièce tranche
La contrainte vient avant la nuance : quelle est l’orientation de la fenêtre principale, et quelle ampoule éclaire la pièce le soir ? Une pièce en exposition sud supporte un blanc plus frais et plus lumineux ; en exposition nord, le jour est plus froid.
Le distributeur prévient aussi qu’une teinte neutre en plein jour peut devenir trop froide ou jaunâtre sous lumière artificielle : le blanc choisi un matin n’est pas celui que vous verrez à 21 heures.
La grande fenêtre change la donne dans l’autre sens : avec beaucoup de fenêtres ou de grandes baies, le RAL 9010 est présenté comme un bon choix. La question se pose de la même façon quand le blanc accompagne du bois, comme pour où mettre le bois dans une cuisine blanche.
Essayer le blanc sur le mur avant de peindre
Le distributeur recommande de comparer les teintes directement sur les murs, à différents moments de la journée, sous lumière naturelle et sous lumière artificielle. Concrètement, trois gestes suffisent :
- peindre un échantillon par candidat sur le mur lui-même, pas sur une feuille ;
- regarder les essais le matin, en plein jour, puis le soir sous l’ampoule de la pièce ;
- écarter la teinte qui vire au jaune ou au gris dans l’un de ces moments, plutôt que celle qui plaît à une seule heure.
Le même essai vaut pour un meuble : peindre des meubles de cuisine en blanc demande de regarder la teinte près de la fenêtre et près de la lampe.
Aucun prix de peinture n’est donné ici : nous n’avons pas relevé de tarif daté et vérifiable pour ces références. Le prix d’un pot dépend de la marque, du volume et de la finition, et se lit sur l’étiquette du fabricant.
Choisir son blanc
Pièce au sud ou très vitrée : un blanc plus frais, et le RAL 9010 est présenté comme un bon choix quand les fenêtres sont grandes. Pièce au nord ou peu éclairée : un blanc chaud ou rosé selon le distributeur du nuancier, ou le blanc le plus clair selon le nuancier RAL, et vous essayez les deux. Dans tous les cas, c’est la teinte qui reste juste le matin comme le soir qui gagne.
Sources
- Couleursral.fr, « Quelle couleur RAL choisir pour les murs et plafonds blancs ? », sans date de publication
- Caparol Center Sagra, « Caparol dévoile son nuancier blanc : 24 nuances pour une teinte sur mesure », sans date de publication
- Caroline Vitte, architecte d’intérieur, « Peinture blanche : quelle nuance choisir ? », janvier 2018