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Peinture sur meuble de cuisine : ce que la pièce et la façade imposent avant la couleur

Peinture sur meuble de cuisine : ce que la pièce et la façade imposent avant la couleur

En bref

Une peinture sur meuble de cuisine tient si elle est choisie pour la pièce, grasse, humide et lavée souvent, et si le support est préparé : démonter, lessiver, égrener au grain fin, dégraisser, puis deux couches fines d’une peinture de rénovation lessivable. Un film de mélaminé qui se décolle se remet à nu avant la sous-couche. Comptez 72 heures avant de remonter les poignées et de reprendre la cuisine.

Ce que la cuisine impose, puis le support à reconnaître, la préparation, la peinture, l’application et ce qui se regrette.

Ce que la cuisine impose à une peinture

Une cuisine n’use pas ses façades de façon égale : la graisse et la vapeur se déposent au-dessus et à côté de la plaque de cuisson, l’eau éclabousse les portes sous l’évier et autour du lave-vaisselle, les pieds et les casseroles cognent les bas de caissons, et chaque façade se lave plus souvent qu’un mur de séjour.

Une peinture de décoration murale ne résiste pas à ce régime. Il faut une peinture pour meubles, lessivable, et une préparation qui la fasse adhérer sur une surface faite pour ne rien retenir.

Vos façades sont-elles en mélaminé, en stratifié, en bois verni ou déjà peintes ? Un coup d’œil au chant d’une porte, là où l’épaisseur est visible, suffit le plus souvent à le savoir.

Reconnaître le support

SupportComment le reconnaîtreCe que la préparation demande
MélaminéUn film décor mince sur un panneau de particules, visible au chant ou sur un éclatÉgrenage fin et dégraissage ; mise à nu si le film se décolle
StratifiéUne surface plus dure et plus épaisse, un chant souvent sombreÉgrenage fin pour casser le brillant, dégraissage soigné
Bois verniLe veinage du bois sous un film brillantÉgrenage du vernis, dépoussiérage, sous-couche selon la peinture
Déjà peint ou laquéUne couleur unie, parfois écaillée aux anglesReprise des écailles, égrenage, dégraissage

Pour des façades en bois verni, le détail des étapes est le même que pour tout meuble verni ; la cuisine ajoute seulement l’exigence de lessivage.

La préparation, étape par étape

La préparation prend plus de temps que la peinture, et c’est elle qui décide de la tenue :

  1. Démonter les portes, les poignées et, si possible, les charnières ; numéroter chaque porte.
  2. Lessiver avec un nettoyant dégraissant, rincer, laisser sécher.
  3. Égrener, c’est-à-dire poncer légèrement, au papier grain 180, pour que la peinture accroche.
  4. Dépoussiérer, passer une éponge humide, puis dégraisser à l’alcool à brûler.
  5. Sur un mélaminé dont le film se décolle par plaques, retirer les parties non adhérentes, mettre à nu au grain 40, lisser au grain 280, puis passer une sous-couche.

Les fiches de peintures « sans ponçage » promettent de sauter l’étape 3. Nous ne le conseillons pas sur une façade de cuisine : un égrenage fin prend peu de temps et évite de voir la peinture partir au premier coup d’éponge.

Quelle peinture

Deux familles se partagent les rayons : les peintures de rénovation pour meubles de cuisine, prêtes à l’emploi, et les peintures époxy bi-composantes, à mélanger avant usage, plus dures mais qui se travaillent dans un temps limité après mélange. Une finition satinée se lave mieux qu’un mat, qui marque plus vite sous les doigts gras.

Bon à savoir

Depuis l’arrêté du 19 avril 2011, l’emballage d’une peinture affiche sa classe d’émissions dans l’air intérieur, de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). Dans une cuisine ouverte sur le séjour, une peinture classée A+ limite ce qui se diffuse pendant le séchage ; aérer reste nécessaire dans tous les cas.

Application et séchage

La peinture se pose en deux couches fines, à la brosse pour les moulures et au rouleau laqueur pour les surfaces planes, en respectant le temps entre les couches indiqué par le fabricant, souvent de l’ordre de six heures. Une couche épaisse coule sur une porte posée debout ; mieux vaut peindre les portes à plat, sur des tréteaux.

La vidéo d’une enseigne de bricolage ci-dessus reprend toute la chaîne, jusqu’au délai qui compte : 72 heures de séchage et de durcissement avant de remonter les poignées et de remettre les meubles en service, alors que la peinture paraît sèche au toucher bien avant.

Chant d'une porte de cuisine en mélaminé blanc égrenée au papier fin, avec un éclat qui laisse voir le panneau

Ce qui se regrette

Trois erreurs reviennent. Les charnières peintes en place, qui craquellent la peinture à chaque ouverture. Les chants oubliés, par où l’eau finit par passer sous la peinture autour de l’évier.

Et le plan de travail peint comme une façade : une surface horizontale reçoit chocs, couteaux et plats chauds, et les fabricants de peintures de rénovation y demandent un vernis en plus. Pour les zones les plus exposées, le choix de la matière compte plus que la peinture, comme le montre où le bois tient dans une cuisine.

Préparer plus longtemps que peindre

Reconnaître le support au chant, démonter, lessiver, égrener, dégraisser, puis deux couches fines d’une peinture lessivable, et trois jours sans cuisiner contre les façades fraîches. C’est le délai qui se paie ; la couleur, elle, se choisit en dernier.

Sources

  • Arrêté du 19 avril 2011 relatif à l’étiquetage des produits de construction ou de revêtement de mur ou de sol et des peintures et vernis sur leurs émissions de polluants volatils

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